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Producteur

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« Il est né un jour gris »

Long Métrage - Téléfilm 90 mn

  

Note d'Intention

L’autisme est un handicap en France qui atteint entre 60.000 et 100.000
 personnes, entre adultes et enfants. Pendant des années, les parents
 des enfants autistes ont dû souvent faire face à une cruelle réalité :
 dans l’Hexagone il y a un manque criant de places d’accueil pour ce
genre d’handicap, et celles qui sont disponibles, ne sont pas toujours
 vraiment adaptées aux besoins du patient.

Grâce aux actions des associations de parents et de certains députés,
 l’état français a fait un effort considérable ces dernières années,
avec la mise en oeuvre de plusieurs « Plans sur l’Autisme », notamment
 avec la création de quelques milliers de nouvelles places. Mais il
reste encore beaucoup de travail à faire. Plus de 3.000 autistes français
 (adultes et enfants) ont été pris en charge par des établissements
 belges, pendant les années 1990 et 2000, faute de places adaptées
à leur handicap sur le territoire français. Et une bonne partie d’entre
 eux, ainsi que leurs familles, réside encore aujourd’hui dans le pays
voisin.

« Il est né un jour gris » raconte l’histoire d’une famille française qui
a un enfant autiste.

Suite à la fermeture du centre où il est pris en charge, la famille doit
 chercher un nouvel établissement pour qu’il puisse continuer son
 traitement. Faute de places adaptées en France, ils finiront par
 déménager en Belgique.

Le but du film est triple : à un premier niveau, il s’agit de sensibiliser
 un peu plus le public sur le contexte de ce handicap en France, déjà
 énoncé plus haut. A un niveau plus individuel, j’ai voulu exprimer mon
 admiration pour les parents de ces enfants autistes, qui ont suivi,
et continueront à le faire pendant toute leur vie, un vrai parcours du
 combattant pour aider leurs enfants. Enfin, mais pas moins important,
 le film essaye de rendre témoignage de l’impact que l’autisme peut
 avoir, au niveau de cette structure sociale qui est la famille, dans les
 vies de chacun de ses membres, ainsi que dans leurs relations.
Celles-ci, ainsi que la stabilité globale de la famille, ne pourront être
 sauvegardées que grâce aux efforts, aux qualités humaines et surtout
 à l’amour que chacun de ses membres porte sur les autres.

  

Synopsis

Claire et Daniel sont un couple qui habite en Province. Ils ont deux
 enfants : Isabelle, une préadolescente, et Yann, un petit garçon de
5 ans, atteint d’autisme. Le handicap de ce dernier a une influence
 importante sur la vie familiale : Daniel s’est détaché peu à peu de
ses enfants et s’est focalisé sur son amante, Christelle, et sur la
 possibilité d’être promu directeur régional de sa société (un important
 opérateur de télécommunications français); Isabelle est
 douloureusement partagée entre la responsabilité d’assumer le poids
 du handicap de son frère sur sa famille et l’impact qu’il a sur sa propre
 vie (sociale, amoureuse, etc.).

Au milieu de cette famille déchirée, Claire est la seule à avoir le
 courage de se battre pour son fils, jour après jour...

...jusqu’au jour où elle apprend que le centre, où Yann est pris en
 charge, va devoir fermer suite à une coupure budgétaire du Ministère
 de la Santé. Le monde s’effondre sous ses pieds.

Tout ce qu’elle a dû subir et faire pour lutter contre le handicap de son
 fils risque fort de partir en fumée. Mais Claire est une battante, et,
 grâce au soutien de sa soeur infirmière, Audrey, et à l’amour de son
 fils, elle arrive à se remettre et part à la recherche d’un nouvel
 établissement pour Yann, reprenant le chemin qu’elle avait déjà suivi
 quelques années auparavant.

Dans son parcours du combattant, Claire est amenée à contacter des
 dizaines d’hôpitaux, centres thérapeutiques et toute sorte d’institution
 médicale censée pouvoir accueillir et prendre en charge Yann...mais
obtient de leur part toutes sortes de refus, avec des arguments plus
 cruels les uns que les autres : « votre fils est trop handicapé pour être
 admis » ou « pas assez », « votre fils est trop jeune pour notre
centre » ou « n’habite pas dans la commune », ou encore « c’est de
 votre faute, madame, si vous n’avez pas une place pour votre fils,
vous n’avez qu’à vous battre pour faire créer un centre pour lui ».

Après plusieurs semaines de recherches, Claire trouve enfin une place
 pour Yann, mais le centre se trouve assez loin de la maison.
Claire évoque la possibilité de déménager dans une grande ville proche
 de l’établissement, mais, pour Daniel, qui ambitionne le poste de
 directeur régional, il est hors de question d’abandonner son poste dans
 un moment pareil. Sa liaison avec Christelle, qui est aussi la
 conseillère du directeur régional sortant, fait également pencher la
 balance. Claire est à nouveau dans l’impasse.

Un jour, Claire reçoit un coup de fil presque miraculeux : une place s’est
 libérée dans un centre de la région... et elle retrouve l’espoir. En route
 pour le nouveau centre, dans la voiture l’ambiance est joyeuse. Mais
ce moment de bonheur est bien éphémère, car une autre voiture vient percuter violemment celle de Claire.

Yann sort de l’accident avec juste quelques égratignures, mais Claire
 n’a pas la même chance et se retrouve plongée dans un coma profond.
 Elle est admise à l’hôpital où travaille sa soeur, Audrey. Après le choc
 initial, Daniel constate que, Claire étant dans le coma, il lui revient de
finir ce que sa femme avait commencé. En parallèle, il reste décidé à
 obtenir la tant désirée promotion, avec l’aide de Christelle.

Un peu malgré lui, Daniel reprend le rôle de père qu’il avait, d’une façon
 à demi consciente, laissé de côté. Ses débuts ne sont pas très
 prometteurs. Du côté de Yann, à cause de sa méconnaissance du
 handicap de son fils, les petits gestes du quotidien, comme le faire
 monter dans la voiture ou prendre un bain, deviennent pénibles pour
 lui. Les choses ne vont pas mieux avec Isabelle, qui, au dépit de faire
 preuve d’un grand courage face à la nouvelle situation familiale et de
 faire des efforts pour se montrer à la hauteur, ne reçoit de son père
qu’une amère ingratitude.

Daniel visite l’Institut Médico-Educatif qui est prêt à prendre Yann en
 charge, mais il a beaucoup de doutes et hésite à prendre une décision.
 Lors d’une visite à l’hôpital, Audrey conseille à Daniel de « discuter »
 avec Claire. Même si elle ne peut pas parler, il y a de fortes chances
 qu’elle puisse l’entendre, et cette conversation pourrait le soulager et
 l’aider à prendre sa décision. Daniel commence ainsi à « discuter »
 avec sa femme, dans l’intimité de sa chambre d’hôpital.

Un jour, au parc, Yann a une crise typique de son handicap. Mais
 Daniel, qui a toujours laissé sa femme gérer ce type de situation,
ne sait pas quoi faire pour calmer son fils et commence à se sentir mal
 à l’aise sous le regard méprisant des gens autour de lui. Ils arrivent en
 trombe à la maison, mais la crise de Yann semble loin d’être terminée.
 Daniel découvre, avec l’aide d’Isabelle, l’effet bénéfique de l’eau sur
 son fils autiste. Tous les trois s’amusent et jouent avec l’eau, ce qui
 représente un tournant positif dans la relation de Daniel avec ses
 enfants.

Yann rentre dans le nouvel établissement et Daniel renoue peu à peu
 avec ses enfants, retrouvant ainsi son rôle de père. Le temps passé
 avec Yann lui permet de mieux connaître son handicap et comprendre
 le pourquoi de ses étranges petits gestes quotidiens. En même
temps, une certaine complicité commence à se développer entre Daniel
 et Isabelle. Des séances de thérapie familiale leur permettent
 d’exprimer ce qui a été caché depuis longtemps et qui a nuit
 silencieusement à l’unité familiale. A travers ses « conversations »
à l’hôpital avec Claire, Daniel redécouvre son lien avec elle, en même
 temps que la relation avec sa maîtresse se refroidit.

Tout semble aller pour le mieux pour Daniel, car en plus de récupérer
 ses rôles de père et d’époux, Christelle lui annonce que le poste de
 directeur régional est à la portée de sa main.

Dans l’euphorie, Christelle embrasse Daniel, ce qui est vu par Audrey,
 qui passe par hasard dans les lieux. Lui, en revanche, indique à
 Christelle qu’il a compris certaines choses grâce au temps passé avec
 sa famille, et que leur liaison extra maritale est définitivement finie.

Néanmoins, à l’hôpital, Audrey fait face à Daniel et ce dernier confirme
 qu’il y a bien eu une liaison avec Christelle, mais que celle-ci est
 terminée. Non seulement Audrey n’est pas satisfaite de cette réponse,
 mais Isabelle et Yann, qui écoutaient en cachette la conversation
dans la chambre d’à côté, apprennent aussi la nouvelle. Tout d’un coup,
 les relations avec ses enfants et Audrey prennent un autre tournant,
 aucun d’entre eux ne daignant lui adresser la parole.

Daniel obtient finalement sa promotion et devient le nouveau directeur
 régional. Ses nouvelles fonctions l’obligent à consacrer davantage de
 temps à son travail, voyages au siège, à Paris, inclus. Cela a un impact
 dans sa vie familiale, au point qu’il ne voit presque plus ses enfants.

Sa belle soeur, Audrey, le lui fait remarquer.

Entre-temps, Yann commence à manifester un comportement étrange
 chaque matin, en arrivant au nouvel établissement, ce qui intrigue
 Daniel, qui décide d’effectuer des investigations pour son compte.
Il découvre un deuxième bâtiment, non remarqué lors de sa première
 visite, plus décrépit et moins bien entretenu que le premier. A
l’intérieur, des méthodes « peu orthodoxes » et des techniques assez
« expérimentales », très peu soucieuses et respectueuses des droits
les plus élémentaires des patients, sont appliquées par le personnel
du centre sans aucun contrôle ou scrupule. Horrifié et indigné, Daniel
 prend la décision de sortir immédiatement son fils de l’établissement.

Et ses priorités commencent à changer : il se donne corps et âme à la
 recherche d’un nouveau centre pour Yann. Il plonge vraiment dans le
 monde de l’autisme : livres, manuels, des centaines d’appels à autant
 de centres et d’institutions, à des associations de parents des
personnes atteintes du handicap...

La tendance s’inverse et, au fur et à mesure qu’il récupère à nouveau
 les bons rapports avec les membres de sa famille, sa performance au
 travail se voit bien diminuée. Mais il continue sa quête avec toute son
 énergie et ses forces, et effectue le même parcours du combattant que
sa femme avait connu quelques mois auparavant. Mais cette fois-ci,
 il est décidé à aller jusqu’au bout, coûte que coûte. Ses recherches
 infructueuses dans la région l’emmènent à étendre son périmètre à
 toute la France.

Au travail, un gros contrat avec une importante société cliente a été
 perdu à cause de Daniel.

Il est rappelé à l’ordre par ses supérieurs, qui le poussent, d’une façon
 assez explicite, à choisir entre sa famille et son travail. Daniel n’hésite
 pas longtemps et prends la décision sur place: il quitte son travail.

Les recherches du centre n’aboutissent pas et très peu de centres restent dans la liste de contacts de Daniel. Sombrant dans le désespoir,
 il apprend, dans une association de parents, que le Ministère de la
 Santé finance des prises en charge de patients français dans des
établissements belges. Obligé à creuser cette piste suite au manque
 des places adaptées en France, Daniel visite un centre en Wallonie,
qui semble être adéquat aux besoins de Yann et, surtout, où il perçoit
 le bonheur des patients.

Lors de sa « conversation » habituelle avec sa femme à l’hôpital, c’est
 Daniel qui, cette fois ci, évoque le déménagement, pas dans une autre
 région, mais dans un autre pays: la Belgique.

Il a compris, avec un grand regret, que c’est son attitude égoïste qui
a mené la famille au point où ils se trouvent. Coup de théâtre, la
 catharsis de Daniel provoque le réveil de Claire, qui sort du coma.

Quelques semaines plus tard, toute la famille plie ses bagages et part
 pour la Belgique