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Producteur

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Casting

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« Les intérimaires »

Long Métrage - Téléfilm 90 mn

  

Note d'intention

Alors que les décisionnaires de la création du site
Industrio-Portuaire de Fos avaient promis de fournir du travail à
un grand nombre et ce, pour très longtemps, les chiffres du chômage
 n’ont cessé d’augmenter depuis la mise en marche des unités de
 production qui, de plus en plus automatisées, ont effacé l’humain
de leur paysage. Comme partout en France, aux emplois fixes s’est
 substitué le travail temporaire, système pernicieux permettant aux
 entreprises devenues frileuses par la crise, de disposer d’une main
 d’œuvre "kleenex", anonyme de part son statut intérimaire qui,
aux prises avec le chômage et la précarité, ne peut que se soumettre
 aux exigences d’un patronat profitant bien trop souvent de cette
 situation.

C’est de ce système et de ces agences intérimaires, qui fleurissent
un peu partout sur l’hexagone, que j’ai voulu traiter dans mon récit.

Ayant moi-même travaillé tous les étés depuis l’âge de dix-huit ans
en tant qu’intérimaire dans des entreprises diverses pour financer mes
 études,  j’ai pu découvrir cet univers avec ses règles et ses injustices,
 mais aussi y rencontrer de véritables « personnages » remarquables
 aussi bien pour leur froideur que pour leur générosité.

De manière plus pragmatique, le travail intérimaire n’a pas été, selon
 moi, suffisamment abordé dans les films contemporains, ce qui m’a
 d’abord troublé, de par l’importance et le danger du phénomène, mais
 aussi pousser à développer ce thème.

J’ai voulu faire découvrir cet univers du point de vue de l’ouvrier
 intérimaire et plus précisemment du jeune ouvrier ; Une bande de
 copains, voulant se faire de l’argent pour partir en vacances.

Adopter ce point de vue m’offrait plusieurs avantages : Tout d’abord
 apporter l’humour (par le langage et les propos de ces jeunes),
 nécessaire pour que le sérieux et la gravité du thème ne rendent pas
 le récit pesant et ennuyeux. D’autre part, il permettait de présenter
le quotidien d’une jeunesse à la dérive, que l’insouciance et la vie
 précaire entraînent doucement vers la délinquance et la drogue.

Mais de même que cette jeunesse puisse, par besoin, par paresse
ou même par vice, se livrer à des trafics illégaux, le milieu des affaires
 ne manque pas d’hommes peu scrupuleux, jouant avec les lois pour
 s’enrichir : corruption, pot de vin, copinage sont des pratiques
 courantes pour ses délinquants d’un autre style. J’ai ainsi voulu
 montrer dans mon scénario que la délinquance n’est pas la panacée
 d’une jeunesse désabusée, mais qu’elle touche toutes les classes
 sociales.
Ces deux cas de figures, tous deux répréhensibles, ne sont pourtant
pas toujours perçus et sanctionner de la même façon par la justice et
 l’opinion publique.

Convaincu d'avoir eu une bonne idée, j'ai entrepris ce scénario
avec beaucoup de plaisir et d'intérêt. Mais au fur et à mesure que ce
 projet mûrissait dans mon esprit, l'intérêt pour mon travail est devenu
 plus profond, plus personnel découvrant au fil de l'écriture la possibilité
 de m'exprimer sur des thèmes qui m'étaient chers (les accidents de
 travail en particulier, mon frère aîné en ayant été victime.)

J’ai voulu dépeindre une réalité, écrire ce film comme une fiction
 documentaire et immerger le spectateur dans un univers à la fois
 proche : le quotidien du travail, et lointain : l’exotisme d’un village
 côtier du sud de la France.